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Revue de presse

Fontaine de la Reine voit grand dans le Tarn : une usine deux fois plus vaste, sans plus d’eau

La Dépêche du Midi · Pauline Brassart

À Fontrieu, Fontaine de la Reine change de dimension. L’usine, rachetée en 2024 par Bosmans Waters Supply France, multiplie les lignes d’embouteillage, agrandit ses bâtiments et prépare déjà la suite. Avec un objectif en apparence paradoxal : produire davantage sans augmenter les prélèvements dans une ressource captée à 1 051 mètres d’altitude. On vous en dit plus.

À l’extérieur, le paysage est en plein chantier. Les engins circulent, les bâtiments s’agrandissent et de nouvelles structures sortent de terre autour de l’usine. À l’intérieur, changement de décor : les bouteilles filent sur les convoyeurs et, toutes les deux minutes et quarante-cinq secondes, une palette de 84 packs d’eau est terminée, emballée et prête à être stockée.

« Quand on regarde l’usine aujourd’hui, elle n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était. La transformation est spectaculaire », constate Dennis Vuran, président du groupe Bosmans Waters Supply France, groupe qui a racheté Fontaine de la Reine, en 2024. « L’usine ne comptait alors qu’une seule ligne d’embouteillage, dédiée au format 1,5 litre. Trois sont désormais opérationnelles et une quatrième doit bientôt les rejoindre », a-t-il ajouté.

Une usine qui change d’échelle

La métamorphose dépasse largement les lignes de production. Les zones de stockage s’étendent et une nouvelle salle de production est en cours de création. Aux 8 000 m² actuels doivent s’ajouter 10 000 m² d’ici à la fin de l’année, puis encore 5 000 m² en 2027. Huit nouvelles cuves doivent également compléter les installations.

Dans cette usine largement automatisée, chaque ligne est désormais spécialisée dans un format. Un choix destiné notamment à limiter les changements de production et les pertes de temps. Mais davantage de capacités ne signifie pas, assure l’entreprise, davantage d’eau prélevée dans la montagne.

Car l’histoire de chaque bouteille commence plus haut, à 1 051 mètres d’altitude, dans le massif granitique du Bois des Cuns où deux émergences alimentent l’usine située à quelque 1,8 km plus bas à vol d’oiseau. Environ deux kilomètres de canalisations relient les sources au site de production. Dans ce secteur classé Natura 2000 et géré par l’ONF, les volumes prélevés sont encadrés par des autorisations préfectorales.

Grandir sans puiser davantage

C’est tout le défi de cette transformation : produire davantage et différemment tout en maîtrisant la ressource. « On veut préserver l’émergence des nappes phréatiques en embouteillant le minimum avec le minimum de matières plastiques », affirme Dennis Vuran.

La stratégie passe notamment par le développement des petits formats de 33 et 50 cl et par une moindre place accordée au traditionnel 1,5 litre. L’entreprise a également choisi de répartir son embouteillage sur les douze mois de l’année afin d’adapter les volumes aux disponibilités de la ressource. Une organisation qui, selon son président, lui a permis de moins solliciter les nappes lors de la récente période de sécheresse.

Fontaine de la Reine mise aussi sur une autre particularité : sa très faible minéralisation. Avec 21 mg de résidus secs par litre, elle revendique l’un des taux les plus faibles parmi les eaux minérales françaises et européennes.

Du bleu pour conquérir le marché français

La transformation se voit jusque sur les bouteilles. Depuis quelques semaines, Fontaine de la Reine arbore un nouveau packaging bleu profond sur lequel apparaît discrètement la topographie du Tarn. Un clin d’œil à son territoire au moment où la marque accélère son développement en France. Déjà expédiée depuis plusieurs années dans différents pays européens, l’eau est commercialisée sur le marché français depuis juin 2026, principalement par l’intermédiaire de grossistes.

Et l’usine n’a pas fini de grandir. Une nouvelle extension, encore en attente de permis de construire, doit accueillir la quatrième ligne d’embouteillage. Celle-ci pourrait notamment produire des eaux fruitées, un marché sur lequel l’entreprise souhaite se positionner face à la demande croissante d’alternatives aux sodas.

À Fontrieu, les mètres carrés s’ajoutent donc aux mètres carrés, les machines se multiplient et les palettes quittent les lignes à cadence soutenue. Mais derrière cette mécanique industrielle, une donnée continue d’imposer son rythme : l’eau vient de la montagne, et sa ressource, elle, reste comptée.